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mardi 19 avril 2005
Economique et social
Une centaine de PME et 4500 emplois en Bretagne
La vague des cosmétiques marins
Le saviez-vous ? Une centaine de PME se consacrent, en Bretagne, à l'exploitation du gisement des cosmétiques marins. Et la flotte grossit d'année en année.
Vous connaissiez le Centre d'études et de valorisation des algues (CEVA) à Pleubian ? Bretagne cosmétiques marins (BCM) et Agrimer à Plougerneau ? Goëmar à Saint-Malo ? Eh bien, n'en doutez pas : les algues bretonnes continuent à avoir le vent en poupe, tout particulièrement sur le front des cosmétiques. Depuis une quinzaine d'années, la flotte des créations d'entreprises dédiées aux cosmétiques marins grossit d'une douzaine d'unités nouvelles par an. Tel est le constat fait par Gilbert Blanchard, le directeur général du Centre de biotechnologies en Bretagne (CBB Développement), lors d'un colloque organisé par l'Association des Cadres Bretons. Avec la participation des professionnels de la Breizh connection.
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Le laboratoire de Goëmar à Saint-Malo, d'où sortent des produits destinés à la santé humaine et végétale.
30% d'exportations
Le navire amiral Yves Rocher ne doit donc pas cacher la multitude des petites embarcations qui montent à la lame pour passer le cap de la renommée. Elles ont nom Lessonia à Milizac, CERT et ABC Texture à Saint-Malo, Cosmolab et Thalaspa à Redon, 6S Cosmétique à Guidel, Ar'Romance à Bazouges-la-Pérouse, etc. On ne le sait pas assez : la Bretagne a su greffer sur ses 700 km de côtes et un champ d'algues d'une biodiversité reconnue comme incomparable dans le monde un vrai savoir-faire de recherche, de production, de distribution, une véritable filière cosmétique bleue. Pas seulement dans la thalassothérapie (groupe Parabaule).
Qu'on en juge. Selon les comptes réactualisés de Gilbert Blanchard, il existe une centaine de PME centrées sur cette activité et de façon plutôt équilibrée dans les quatre départements bretons. Elles font travailler près de 4 500 salariés directement, sans doute le double avec les emplois induits (transport, emballage, etc.). Elles génèrent désormais 800 millions d'euros de chiffre d'affaires. Et elles ont de moins en moins de complexes à franchir les frontières. Le taux d'exportation tangente les 30%. Il est nettement au-dessus de la moyenne des entreprises bretonnes : moins de 20%.
Comme toute filière, celle des cosmétiques marins bretons a ses faiblesses et ses soucis. Le statut et la pérennité des récoltants en amont, la dispersion des efforts dans la recherche et la production, la difficulté de lancer une marque pour les PME en aval ... Il n'empêche, tous les professionnels - et les politiques - sont d'accord pour penser que le gisement des cosmétiques marins est un atout majeur pour la région. Un passeport d'avenir.
P.B.