samedi 14 août 2004

 

 

Développement régional.

La diaspora bretonne se mobilise

VANNES (56). Quel est le point commun entre François Pinault, Yves-Thibault de Silguy, Jean-Yves Le Drian et Louis Omnès ? A part le fait d’être nées en Bretagne, ces personnalités appartiennent, comme 700 autres, à l’Association des Cadres Bretons (ACB). Celle-ci organise le 27 août 2004 à Vannes sa traditionnelle journée d’été.

Ÿ Secrétaire général de l’Association des Cadres Bretons, Vincent Raude se partage aujourd’hui entre Paris, où il s’est engagé dans une carrière de haut fonctionnaire, et Port-Navalo, son port d’attache breton dans le Morbihan qui l’a vu naître.  (Photo A.B.)


« L’ACB veut avant tout être une force de proposition pour la Bretagne. Elle fonctionne un peu comme un lobby », résume Vincent Raude, secrétaire général de l’association.

« Un lobby »

Développement du réseau TGV, projet d’aéroport international, relance des nouvelles technologies, actions en relation avec les grandes écoles ou les organismes de développement bretons, mais aussi préservation de l’identité culturelle de la Bretagne et soutien au projet de création du parc national marin de la mer d’Iroise… Les membres de l’ACB oeuvrent tous azimuts en faveur d’une région qui leur est chère.

Peut-être plus encore parce qu’ils ont dû la quitter. « 70% de nos membres actuels sont parisiens », indique Vincent Raude. « Pour bon nombre, ce sont des personnes qui ont dû partir d’une Bretagne pauvre où il n’y avait pas de travail pour eux », note celui qui a dû lui-même faire ce choix avant de s’engager dans une longue carrière internationale de haut fonctionnaire.

Réseaux influents

Certes, depuis les choses ont changé. La Bretagne est sortie de son isolement et s’est développée d’un point de vue économique. Mais les grandes décisions continuent d’être prises souvent loin des régions. C’est pourquoi ces Bretons exilés, qui pour certains ont fait carrière en politique, dans l’industrie, dans la finance, la grande distribution, la haute fonction publique, les médias, la culture, etc, s’efforcent depuis quarante-deux ans à travers l’ACB de mettre à profit leurs expériences et surtout leurs réseaux.

Ce qu’ils feront une fois encore dans quelques jours à Vannes. Après Fougères l’an dernier, une centaine de membres de l’ACB se retrouvera ainsi le 27 août prochain pour leur désormais annuel rendez-vous d’été. Répondant à l’invitation du premier adjoint de la ville, le secrétaire d’Etat aux Transports et à la Mer, François Goulard, également membre de l’association, ceux-ci découvriront la ville, ses richesses, avant de se réunir en ateliers où seront abordés quatre thèmes : les nouvelles technologies, l’agroalimentaire, les activités liées à la mer et l’international.

Un projet d’école

Le projet de création d’un établissement scolaire capable d’accueillir les enfants des Bretons amenés à s’expatrier pour leur travail devrait également être abordé au cours de cette journée. D’autant que cet établissement pourrait bien, s’il se faisait, s’installer à Vannes.

Anne Burel

Copyright © Le Télégramme 14/08/2004