lundi 30 août 2004

 

 

Développement régional. La carte des réseaux

VANNES (56). S'il est un message que l'Association des cadres bretons (ACB) a tenté de faire passer hier, c'est bien celui-ci : pour sauver les emplois et résister aux concurrences extérieures, les entreprises bretonnes doivent travailler en réseau. Les savoir-faire existent. L'enjeu est désormais de le faire savoir pour mieux les valoriser.

Les tables rondes sur l'agroalimentaire, les nouvelles technologies et l'international ont donné lieu à de nombreux échanges au cours de la journée organisée à Vannes par l'Association des cadres bretons. Notre photo présente Bernard Mompon, directeur d'Archimex, exposant son point de vuue à Alain Baumard, président de l'ACB.


L'un des temps fort de cette journée organisée à l'initiative de l'ACB - bien qu'il ait été un peu court aux yeux de la plupart des 150 participants - aura sans doute été celui réservé aux trois tables rondes consacrées aux nouvelles technologies, à l'international et à l'agroalimentaire. Trois thèmes autour desquels les participants ont confronté leurs points de vue. Trois thèmes forts pour une Bretagne qui doit compter sur ses propres forces pour trouver les voies d'un développement durable, comme l'ont expliqué en substance ces Bretons venus de l'intérieur et de l'extérieur de la région.

Moyens en commun

De ces débats, sont ressorties plusieurs pistes de réflexion. Comme celle de mettre l'accent sur la « mutualisation des moyens », comme le suggère l'un des membres de l'ACB, par ailleurs consultant en restructuration industrielle pour le compte d'un cabinet international japonais.
« Peut-être est-ce finalement une chance que les immenses groupes ne soient pas venus s'installer en Bretagne », n'hésite pas à déclarer Alain Baumard, président de l'ACB et ancien directeur international de Kraft General Food, filiale du groupe Philip Morris. Le tissu économique breton, et ses petites et moyennes entreprises, serait ainsi un atout pour la région. « Les PME sont généralement plus réactives », poursuit Alain Baumard.

Les Japonais intéressés

Et certaines de celles qui sont installées dans la région n'ont vraiment pas de complexes à avoir. « Je travaille beaucoup avec les Japonais, et je peux dire que là-bas, des entreprises sont très intéressées par ce qui se fait dans plusieurs entreprises bretonnes, notamment en matière de nutrition animale », témoigne pour sa part Stéphane Le Saouter.
Ces témoignages encourageants faits par ces Bretons exilés ont toutefois été nuancés par d'autres réalités évoquées par ceux qui y sont installés.
« Les politiques n'ont pas toujours conscience des enjeux qui se trouvent derrière les nouvelles technologies de l'information et de la communication », se lamente Henri Caye, P-DG d'I56. Propos repris par François Leraillez, P-DG d'Highwave Optical, qui appuie, lui, sur la nécessité de doter la Bretagne, « non pas du haut débit, mais du très haut débit » qui permettra à la région d'échanger avec le monde entier.
Une ouverture que lui souhaitent intensément beaucoup de membres de l'ACB. Des cadres souvent expatriés qui, pour certains, ont parcouru le monde, et qui expriment aujourd'hui leur volonté de « donner un sens à leur vie » en ouvrant largement leurs carnets d'adresses et en faisant vivre un réseau qui ne veut pas se contenter d'observer.

Anne Burel

Copyright © Le Télégramme 28/08/2004