Pôle de compétitivité "Mer"

 

 

ASSOCIATION DES CADRES BRETONS

Bretagne, pôle de compétitivité "mer"

par Hervé Moulinier, Président du comité de pilotage de la candidature de la Bretagne à un Pôle Mer

 

Le pôle Mer breton en quelques chiffres :
  •   Près de 50000 emplois dont 25000 dans les entreprises industrielles et la pêche
  •   2900 Chercheurs dont 1600 publics dans les thèmes du pôle
  •   2000 Diplômés par an et 1000 certifiés en formation continue
  •   Une forte expérience de la collaboration Recherche et Entreprises (GR2A, HALIOD,…)
  •   35 propositions de projets initiaux de recherche coopérative, correspondant à un investissement de l’ordre de 180M€ sur 5 ans et permettant à terme de créer 2000 emplois et d’en conforter 10000.

La démarche « pôle de compétitivité » constitue une formidable opportunité pour le pays de se positionner sur les thèmes mer, sécurité et développement durable.

Les enjeux sont considérables : 70 % des échanges mondiaux transitent par la mer (90 % des échanges externes de l’Europe), 50 % de la population mondiale vit à moins de 200 km des côtes. 25% des ressources d’hydrocarbures sont « offshore ».La mer est aussi le laboratoire du climat dont le changement prévisible aura un impact majeur sur l’avenir des zones côtières. Elle fournit une ressource de biodiversité plus importante que les continents et une contribution essentielle à l’alimentation de l’humanité (20% des protéines).

La maîtrise de la mer, tout à la fois vecteur des échanges internationaux, enjeu stratégique et zone de ressources énergétiques et alimentaires est ainsi un élément clé du développement économique mondial.

La France, qui dispose de la deuxième zone économique marine au monde en terme de surface (11 millions de km² incluant les DOM-TOM) après les Etats-Unis et devant l’Australie, ne peut être absente de ce domaine et des opportunités qu’il présente.

L’industrie et les services liés à la mer pèsent d’un poids considérable dans l’économie nationale, jusqu’à 10 % du PIB quand on y inclut le tourisme. La valeur ajoutée dégagée par ces activités maritimes a cru plus vite que la richesse nationale au cours des dernières années.

Développer un pôle de compétitivité autour des activités industrielles et de recherche liées à la mer doit permettre d’une part de pérenniser et développer de manière durable les emplois déjà existants dans les activités maritimes en les faisant évoluer progressivement vers de nouvelles activités à haute valeur ajoutée et, d’autre part, d’assurer un positionnement de leader solide et durable dans des activités émergentes qui correspondent à des enjeux majeurs pour le pays.

Une alliance avec PACA

La France a de réels atouts industriels et scientifiques pour valoriser ses avantages et conforter sa position aussi bien en Europe que sur le plan mondial dans le domaine maritime. Ces atouts sont concentrés sur deux régions historiquement maritimes, la région Bretagne et la région Provence Alpes Côte d’Azur. C’est donc tout naturellement que ces deux régions se sont engagées, chacune, dans la démarche des pôles de compétitivité et qu’elles ont voulu le faire en parfaite cohérence et complémentarité, convaincues qu’elles pourront être ensemble, en ajoutant leurs compétences, l’instrument majeur de l’ambition maritime de notre pays et de l’Europe.

Les 35 projets de coopérations initiaux correspondent aux 5 axes stratégiques choisis :

La Sécurité et la Sûreté Maritime (lutter contre les pollutions, les trafics et le terrorisme, secourir en Mer, protéger notre zone économique, prévenir les catastrophes naturelles) avec par exemple des projets concernant la surveillance maritime élargie, des véhicules autonomes de surveillance et de vision sous marines, des moyens de communication et de positionnement sûrs pour la pêche.

L’Ingénierie et les services en Maintenance Navale avec des projets concernant par exemple la robotisation de la maintenance, les moyens de réduire l’impact environnemental des activités de transport et de maintenance ou encore la surveillance des structures et la maintenance prédictive.

L’Exploitation des Ressources Energétiques Marines couvrant des projets relatifs aux hydroliennes, aux éoliennes en mer, ou encore des véhicules sous marins pour la maintenance offshore.

L’Exploitation des Ressources Biologiques Marines regroupant des projets allant de la gestion sélective des ressources halieutiques et de l’aquaculture d’ormeaux, à l’exploitation thérapeutique très innovante des molécules issues de la faune et de la flore marine.

L’Environnement et le Génie Côtier avec des projets concernant l’océanographie opérationnelle côtière, la modélisation permettant la maîtrise des rejets pouvant avoir un impact sur l’aquaculture et les eaux de baignade.

Un comité de pilotage réunissant les représentants des acteurs Industriels (DCN, THALES, VEOLIA, la Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie), les représentants des acteurs de la recherche et de l’enseignement (IFREMER, IUEM/UBO/CNRS) est accueilli par le Technopole Brest Iroise qui apporte ses moyens et son expérience. Au delà de l’organisation de la réponse à l’appel à projet de pôle, ce comité met en place les structures de la gouvernance future avec les adhérents, les pouvoirs publics et les acteurs homologues de la Région PACA, et organise le démarrage des premiers projets.

S’il est déjà une réalité, notamment grâce à la concentration des forces de recherche et à la constance des politiques d’aménagement du territoire au niveau National et Régional, la labellisation comme pôle de compétitivité national conjointement avec PACA, constituerait un formidable accélérateur de réussite au moment où l’Europe va définir sa politique de gestion intégrée des Océans, comme d’autres grands pays maritimes, les USA, le Canada et l’Australie, l’ont déjà fait.

La Mer et les activités maritimes font partie du patrimoine et des richesses de la Bretagne et de ce qui nous unit. Il est de première nécessité que les Bretons du monde entier se mobilisent pour saisir cette chance que constituerait la reconnaissance de ce pôle Mer.